LE stéréotype absolu de l’artisanat floral
Vous la voyez ? La jeune femme en blouse de lin immaculée, entourée de bouquets séchés joliment suspendus, qui fabrique des couronnes de fleurs dans un silence parfait. Sur la table, des rubans de dentelle, des ciseaux mignons et quelques brins d’eucalyptus. La lumière dorée traverse la fenêtre. Tout est paisible. On croirait presque entendre les oiseaux chanter.
C’est tellement Instagramable ! Dans cette vision bucolique, l’artisane est toujours parfaitement coiffée, son tablier est propre (comment ? mystère..) et elle sourit en effleurant des immortelles qui, elles, ne perdent jamais de pétales. Chaque geste est lent, mesuré, poétique. On imagine presque qu’elle s’apprête à réciter un haïku en attachant une brindille. L’ambiance ? Un mélange de Jane Austen, Pinterest et de la Petite Maison dans la Prairie.
Vous voulez la vérité ?
Oui bien souvent je suis paisible lors des moments de création, concentrée sur les fleurs entre mes mains, attentive à élaborer une couronne de fleurs séchées qui soit jolie et solide. Mais, pour autant, je ne suis pas l’incarnation de la douceur et de la poésie ! Et il y a des jours où rien ne va ! Et dans ce cas là, je suis bien éloignée de l’image bucolique… Dans la réalité, il arrive que ça se passe plutôt comme ça :
- Des doigts piqués par le fil de fer ou avec l’osier que je n’arrive pas à tresser comme je veux (avec un petit juron à chaque fois)
- Des miettes de fleurs séchées et des brindilles qui se collent aux cheveux, aux vêtements, au nez (bonjour les éternuements)
- Pas de tablier mais une dégaine pas vraiment de toute beauté car de toute façon mes vêtements finissent rarement indemnes
- Ma tasse de café renversée sur ce bouquet de fleurs que j’ai oublié de mettre à l’abris
- Des piles de cartons, de ficelles, d’étiquettes, de tas de fleurs… c’est du bazar partout, mais vraiment partout ! Et pour le coup, ce n’est pas du tout Instagramable 🤣
- Et surtout, des journées rythmées par la logistique : préparer, emballer, expédier, gérer le site web, répondre aux mails. Bref, bien plus que “composer des bouquets en rêvant au soleil couchant”.
Derrière la beauté et fleurs et le petit bazar, l’envie de bien faire
On attend de l’artisanat floral qu’il soit une activité douce, féminine, champêtre, presque décorative. Comme si c’était juste “jouer avec des fleurs”.
En fait, c’est un vrai métier, exigeant et un peu physique : cueillir, trier, sécher, stocker, composer, emballer, transporter, ranger. Il faut de la créativité, oui, mais aussi de la rigueur, de l’organisation et un sacré sens pratique. On est autant logisticienne qu’artiste, autant manutentionnaire que poète.
Mais je dois avouer que malgré les clichés, il y a de la magie. Pas celle des photos parfaitement mises en scène, mais celle qui surgit quand une composition prend forme, quand un.e client.e est charmée.e par une couronne de fleurs, quand un bouquet séché traverse les saisons sans perdre son éclat.
Et peut-être que c’est ça, le vrai artisanat floral : pas un décor figé, mais un quotidien vivant, imparfait et joyeusement bordélique.

Vos questions
En théorie oui, en pratique… disons qu’entre le petit bazar ambiant et ma paire de ciseaux qui ne cesse de se faire la malle, le zen à tendance se fait discret.
Oui c’est indispensable. Tout comme la longue jupe en coton et le chemisier à dentelles.
Oui, mais la poésie s’écrit souvent entre deux cartons à plier et trois mails clients à rédiger.

En savoir plus sur l’artisanat floral
Voici quelques liens pour présenter les créations en fleurs séchées que je conçois pour vous :
🌿Couronne de fleurs : ça ne va pas changer ta vie MAIS CA VA CHANGER TA DECO
🌿Travailler à mon rythme est l’un des points positifs de mon activité. Je vous conseille ce billet : L’art de faire moins pour travailler mieux
🌿 Iris on the Road est localisée dans le Morbihan, entre terre et mer. L’atelier n’est pas ouvert au public mais il est possible de découvrir les créations sur la boutique en ligne et sur Instagram : @iris.on.the.road
🌿 Et d’ailleurs, si vous vous demandez d’où vient le nom Iris On The Road ? Voici une brève explication, un peu romantico-bucolique 😉

