Après avoir posé le constat des enjeux et des dérives liées à la cueillette de plantes sauvages, il est temps de regarder vers l’avenir. Comment pratiquer cette activité millénaire de manière responsable et respectueuse ? Dans cette deuxième partie, je propose de découvrir des pistes concrètes, des principes essentiels et des ressources utiles pour devenir un cueilleur engagé, en phase avec le vivant. Il ne s’agit pas d’interdire la cueillette mais de redonner du sens à ce geste.
La cueillette de plantes sauvages peut devenir un acte militant, poétique et engagé, s’il est fait avec conscience
La cueillette durable est un chantier du vivant, encore jeune, mais déjà bien lancé. Les choses bougent, se structurent même si pour l’instant, ces initiatives touchent les passionnés et les professionnels. Il reste encore beaucoup de choses à faire comme clarifier le statut du cueilleur, mettre en lumière les réglementations parfois mal connues, sensibiliser le grand public pour des pratiques plus éthiques.
👉Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent pour repenser les pratiques de la cueillette. L’Association Française des Cueilleurs professionnels (AFC) est l’un des acteurs les plus engagés dans cette transformation. Elle œuvre pour une cueillette respectueuse, durable, en lien étroit avec les territoires et la biodiversité. Sa charte repose sur trois piliers :
– Connaître les plantes, leurs cycles, leurs habitats, leur état de conservation.
– Cueillir avec mesure, sans appauvrir les ressources.
– Transmettre les savoirs, en favorisant une culture de la responsabilité.
👉En parallèle, de plus en plus de structures proposent désormais des formations diplômantes ou qualifiantes pour apprendre à reconnaître les plantes, récolter avec conscience et transformer les végétaux dans le respect du vivant. Ces formations, souvent en herboristerie ou ethnobotanique, intègrent désormais les enjeux écologiques essentiels à une pratique durable.
Parmi les formations reconnues, le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) Cueilleur forme à la reconnaissance botanique et aux bonnes pratiques de récolte. Des stages d’herboristerie, souvent organisés par des écoles spécialisées ou des associations, proposent aussi des approches plus approfondies. Certains CFPPA (Centres de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole) intègrent désormais des modules spécifiques sur la cueillette durable et la connaissance du milieu naturel.
👉Par ailleurs, plusieurs territoires s’organisent pour encadrer la cueillette à travers des chartes locales, qui favorisent un lien étroit entre cueilleurs, propriétaires et biodiversité. Ces chartes sont souvent portées par les Parcs Naturels Régionaux (PNR), les Parcs Nationaux, les départements ou des associations locales engagées.
Un exemple inspirant est la charte de cueillette du Parc national des Cévennes, qui pose des règles claires et incite à une récolte respectueuse et raisonnée.
👉A mon échelle, j’essaie de sensibiliser sur cette magnifique pratique car quelques bases suffisent pour faire la différence :
– Ne pas cueillir toute une station
– Éviter de prélever les racines sauf si c’est réellement nécessaire
– Se renseigner sur les statuts de protection (plantes menacées, sites classés…)
– Cueillir avec l’autorisation du propriétaire des lieux (qui bien souvent connait son terrain et sait si la ressource s’appauvrit ou pas)
– Prendre le temps d’observer : y a-t-il assez de plantes pour assurer leur régénération ?
Et je ne peux que vous invitez à vous emparer du sujet, avec humilité, curiosité et engagement. Pour que ce geste ancien continue d’exister, sans nuire à ce qu’il célèbre.

S’informer sur la cueillette durable
Pour bien débuter, voici quelques ressources incontournables à consulter :
– La charte de l’Association Française des Cueilleurs professionnels (AFC), véritable socle éthique
– Le site du Syndicat professionnel de productrices et de producteurs de plantes aromatiques et médicinales
– Les formations diplômantes comme le CQP Cueilleur
– Le site de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB), notamment cet article : Le développement de la cueillette de plantes sauvages sur le territoire français
– Des ouvrages spécialisés en botanique, herboristerie et écologie, à garder dans ta bibliothèque personnelle

