Ce mois-ci j’ai visité deux fermes florales du Morbihan à quelques kilomètres de chez moi. Pas pour faire du tourisme champêtre. Plutôt parce que quand on travaille avec des fleurs (cueillies, séchées, transformées) on a intérêt à savoir d’où elles viennent, comment elles ont été cultivées et qui les fait pousser. Et parfois, le voir de ses propres yeux c’est quand même mieux. Rendez-vous au cœur des champs, à la rencontre de productrices qui cultivent la fleur française avec passion.
Printemps : fleurs, ateliers et ambiance champêtre
Mi-septembre, j’ai poussé la porte de la ferme Printemps, tenue par Angèle à Tréal. Production sans pesticides, strictement saisonnière, inscrite dans les valeurs du Collectif de la fleur française. Sur le papier, c’est déjà bien. En vrai, c’est surtout une femme qui parle de ses plantes avec une énergie qui donne envie de tout plaquer pour aller jardiner !
Le jour de ma visite, elle organisait une Fête à la ferme : visite guidée, ateliers d’aquarelle, marché artisanal, buvette, concert. Une ambiance comme je les aime, qui montre que tenir une ferme c’est aussi participer à la vie locale.



Pousse Toujours : une jeune ferme en action
Le week-end dernier, direction Grand-Champ pour découvrir la ferme florale Pousse Toujours, avec une visite guidée de la serre et du terrain. Suzanne n’a ouvert sa ferme que depuis quelques mois et déjà son organisation impressionne par sa précision et son efficacité !
Elle cultive de nombreuses fleurs, toutes aussi belles les unes que les autres mais j’ai eu un coup de cœur immense pour le dahlia café au lait. Je n’ai pas pu m’empêcher de repartir avec quelques plants, qui ont pris place dans mon jardin. Ca sera pour la beauté des yeux car le dahlia ne se sèche pas.
Suzanne commercialise ses fleurs à des grossistes, est présente sur les marchés (Auray le lundi, Grand-Champ le samedi) et propose aussi des ventes à la serre, dans l’idée de partager les coulisses de son métier.


Ce que ces deux fermes ont en commun et pourquoi ça compte
Toutes deux cultivent sans pesticides, en suivant le rythme des saisons. Toutes deux font partie du Collectif de la fleur française, un réseau qui milite pour une production locale et éthique face à l’importation massive de fleurs coupées, souvent venues de l’autre bout du monde, produites dans des conditions sociales et environnementales qu’on préfère ne pas regarder de trop près.
La France importe environ 85% des fleurs qu’elle consomme. La plupart viennent des Pays-Bas, du Kenya, de l’Éthiopie ou de la Colombie. Ce sont des fleurs cultivées sous serre intensive, traitées aux pesticides, récoltées par une main-d’œuvre peu payée, puis transportées par avion pour arriver fraîches dans les supermarchés français. Ce que font Angèle et Suzanne, c’est l’exact opposé et malheureusement c’est encore marginal.
Voir les coulisses d’une ferme, échanger sur les variétés, la réalité du métier, ce que ça coûte vraiment de produire une tige de dahlia en Bretagne plutôt qu’au Kenya : ça remet les prix en perspective. Et ça renforce l’envie de continuer à travailler avec des fleurs qui viennent d’ici.

En savoir plus sur la Fleur française
🌿Pour aller plus loin, vous pouvez parcourir cet article qui présente le mouvement Slow Flower, cher à mon cœur.
🌿A découvrir : le Manifeste du Collectif de la Fleur Française qui promeut la culture et la consommation de fleurs locales et de saison en France, soutenant une agriculture responsable et une économie florale durable.
🌿A découvrir sur France 3 Pays de la Loire : Face à la concurrence mondiale, les producteurs locaux ont besoin de soutien
🌿Une enquête réalisée par le média La Vie : La France peut-elle encore sauver sa filière des fleurs ? L’article dresse les difficultés auxquels sont confrontés les acteurs de la filière.
🌿Envie d’être immergé dans l’atmosphère des fermes florales ? Je vous conseille ce podcast : « Parlons Peu, Parlons Fleurs« .
🌿A écouter : un épisode de podcast “On The Way” où Hortense Harang (co-fondatrice de Fleurs d’Ici) raconte comment elle veut relocaliser la filière florale via le digital et valoriser les producteurs français.



