Le blog s’est arrêté en novembre. Passé la période Noël où les commandes ont été un peu folles, l’atelier a tourné au ralenti. L’hiver, c’est fait pour ça : ralentir, regarder le ciel gris du Morbihan et cogiter en faisant semblant de se reposer (ou l’inverse).
Avec le retour des jours plus longs, l’envie d’écrire revient. Et je reprends là où tout commence vraiment : la préparation de la cueillette.
Parce qu’en ce 1er avril, dans le Morbihan, le printemps pointe à peine le bout de son nez. Les plantes sont jeunes, gorgées d’eau, pas du tout prêtes à sécher correctement. Quelques graminées apparaissent, mais ça reste marginal. La vraie cueillette, celle qui servira aux créations, commencera dans quelques semaines. En revanche, tout se joue maintenant, et c’est ça que j’essaie d’expliquer à mon cerveau qui, lui, voudrait déjà être dehors avec un panier.
Ça cogite ici !
Ce temps d’avant, je ne le perds pas. C’est le moment de réfléchir à la saison qui arrive.
Préparer une saison de cueillette, ce n’est pas « sortir quand il fait beau et voir ce qu’il y a ». Enfin, si, c’est ça aussi. Mais si on s’en tient à cette stratégie, on se retrouve en juillet à cueillir en catastrophe des trucs déjà fanés parce qu’on a raté la fenêtre de quelques jours sur la monnaie du pape. Je sais ce que je dis.
Même si de l’extérieur, la cueillette ressemble à une tranquille promenade, c’est une activité qui demande un minimum de méthode et de planification.
Alors en ce moment, je réfléchis. Quelles plantes cette année ? Quelles sont les valeurs sûres à reconduire et les plantes que j’ai envie de tester ? Où les trouver et est-ce que mes spots habituels existent encore ou est-ce qu’ils ont été fauchés, retournés, lotis ? Quand passer exactement, parce que la fenêtre de cueillette ne prévient pas avant de se fermer ? Et surtout : combien prendre, sans me retrouver à court en septembre ni à jeter du végétal en décembre ?
Cette dernière question est moins anodine qu’elle n’y paraît. Je cueille pour des créations artisanales (couronnes, bouquets, accessoires) pas pour alimenter une filière. Mes volumes sont modestes. Mais « modeste », ça se planifie quand même, sans quoi on improvise, et l’improvisation en cueillette ça s’appelle du gaspillage.
La phase de repérage, c’est maintenant
Alors, en ce moment, j’arpente le territoire, j’observe ce que j’ai sous les yeux, je retourne sur les lieux identifiés l’an passé pour voir comment ça évolue. C’est ce travail de repérage qui conditionne toute la saison.
Pour mes créations, j’ai des critères assez précis. Les plantes doivent sécher correctement, ce qui exclut d’emblée beaucoup d’espèces printanières, trop charnues ou trop riches en eau. Je cherche des tiges qui tiennent, des fleurs qui gardent leur forme et, si possible, de la couleur. Les graminées sauvages, la monnaie du pape, les immortelles, les queues de lièvre, les nigelles en fin d’été… voilà la colonne vertébrale.
Cette année j’ai envie d’aller vers des plantes plus colorées. Ce n’est pas le plus simple à trouver dans ce qu’on peut sécher correctement, mais c’est ça qui rend la recherche intéressante.
Et il y a le coût. Un déplacement en voiture pour une cueillette, ça se réfléchit maintenant que le prix du plein donne envie de pleurer dans son jerricane. Autant optimiser les trajets quand on peut encore le faire à froid, sur une carte, pas sous la pression d’une floraison qui n’attendra pas.
L’indispensable carnet de cueillette
En ce moment mon meilleur ami c’est mon carnet de cueillette, confectionné by my self. J’y note les endroits où j’ai vu telle ou telle plante l’an dernier, les périodes de floraison, je marque des zones à aller vérifier dans les prochaines semaines. C’est une mémoire du terrain qui s’affine d’année en année. Mon carnet me permet de gagner en précision : plutôt que de chercher au hasard, je sais où aller et à quel moment. Sans cet outil de repérage, la saison devient vite approximative. Avec lui, elle devient beaucoup plus fluide.
Je vous raconterai la suite au fil des sorties !

Aller plus loin dans la découverte du monde végétal
🌿5 livres pour découvrir les pouvoirs extraordinaires des plantes
🌿 Iris on the Road est localisée dans le Morbihan, entre terre et mer. L’atelier végétal n’est pas ouvert au public mais il est possible de découvrir les créations sur la boutique en ligne et vous pouvez aussi jeter un œil à mon compte Instagram
🌿Pour cueillir avec éthique, vous pouvez consulter La charte de l’Association Française des Cueilleurs professionnels (AFC).



